Tu tapes « rosier grimpant » : tu veux sans doute habiller un mur, une pergola ou une vieille clôture, et savoir lequel prendre. La réponse courte d’abord. Un rosier grimpant, ce n’est pas une plante qui s’accroche toute seule comme le lierre. C’est un rosier à longues tiges souples qu’on attache et qu’on guide. Sans support et sans un peu de travail de ta part, il retombe et ne fleurit qu’en haut. Le reste, choisir, exposer, arroser, obtenir une belle floraison, je le déroule plus bas, et je renvoie aux articles dédiés pour la plantation, la taille, les boutures et les maladies.
Je ne suis ni botaniste ni horticultrice diplômée. Neuf ans comme vendeuse-conseil en jardinerie, un balcon-jungle et un lopin en jardin partagé à Lyon. Ce que je raconte ici, c’est ce que j’ai vu passer au rayon rosiers et testé chez moi, pas une règle à graver dans le marbre.
Choisir son rosier grimpant
Au rayon, la première info qui compte, c’est le port grimpant et la hauteur à maturité. Un rosier grimpant, hauteur entre 2 et 5 m selon la variété, parfois davantage : les plus vigoureux, qu’on appelle rosiers lianes, montent à 6 ou 8 m dans un vieil arbre. Regarde la hauteur et la largeur indiquées sur l’étiquette avant de craquer, parce qu’un « Pierre de Ronsard » qui plafonne à 2,50 m et un rosier liane qui avale une façade entière ne se plantent pas au même endroit.
Les catalogues débordent de noms. Le grimpant « Pierre de Ronsard », énorme succès, rose tendre. Un rosier grimpant « Golden Gate » jaune citron, le grimpant « Papi Delbard » aux tons abricot chez la maison Delbard, un rosier grimpant « Ghislaine de Féligonde » plus sauvage, l’ancien « Étoile de Hollande » grimpant rouge sombre, le « Paul’s Scarlet Climber », l’« Eden Rose » grimpant, ou encore la gamme « Siluetta ». Côté rosiers anglais façon David Austin, un « Gertrude Jekyll » ou une « Claire Austin » grimpent aussi contre un mur. Et pour les noisettes parfumées, l’ancienne « Aimée Vibert », le « Blush Noisette » ou « Madame Alfred Carrière » habillent un pignon entier. Georges Delbard, David Austin, ce sont des maisons, pas des gages absolus : lis surtout les avis et fie-toi à ce que tu vois en jardinerie.
Deux façons de l’acheter. En conteneur toute l’année, plus cher, ou en racines nues l’hiver. Les racines nues, ce sont des pieds arrachés hors sol et vendus la motte à nu : une pièce en racine nue tourne autour de 8 à 12 €, contre 20 à 25 € le même sujet en pot. Moins cher, et la reprise est très correcte si tu plantes entre novembre et mars, quand le rosier dort. En racine nue, les branches arrivent rabattues courtes et le paquet de racines paraît maigre, c’est normal. Le hic, c’est saisonnier : passé le printemps, le rosier grimpant en racines nues est épuisé, marqué indisponible sur les sites. Sur les gros vendeurs en ligne comme Willemse, le stock de rosier grimpant fond vite dès janvier, et les avis clients râlent plus souvent sur une rupture de stock rosier que sur la plante elle-même.
Dernier point sur l’étiquette : le type de feuillage. La plupart des rosiers grimpants ont un feuillage caduc, il tombe l’hiver, type feuillage caduc donc, avec des tiges nues de décembre à mars. Le feuillage persistant reste rare chez le rosier, ne le cherche pas trop. Regarde aussi la fleur, simple ou double : les fleurs doubles, bien pleines, en mettent plein la vue mais tiennent parfois moins bien sous la pluie.
L’exposition et le sol
Le rosier grimpant veut du soleil. Chez moi, les pieds qui donnent le plus sont en exposition ensoleillée, contre un mur sud ou ouest, avec au moins cinq à six heures de soleil par jour. Une bonne exposition soleil, ou à la rigueur soleil le matin et un peu d’ombre l’après-midi (le compromis soleil-ombre) dans les régions qui cognent fort l’été. Plein nord, laisse tomber, tu auras des tiges et trois fleurs.
Côté sol, une terre de jardin ordinaire lui suffit, profonde et plutôt riche, tant qu’elle ne garde pas l’eau en flaque. Le rosier déteste les racines dans l’eau stagnante, mais il aime un sol qui reste frais en profondeur l’été. La plupart des rosiers grimpants sont rustiques et tiennent sans broncher les hivers de presque toute la France, jusqu’à -15 °C environ. C’est une des raisons pour lesquelles Rosa reste l’une des plantes de jardin les plus vendues du pays, de Lyon à Paris.
Planter et palisser
La plantation, je la détaille geste par geste dans quand et comment planter le rosier. L’idée en deux lignes : un trou large, du terreau mélangé à la terre du jardin, le point de greffe à peine enterré, et surtout un support posé avant le rosier. Parce qu’un rosier grimpant, ça se palisse.
Palisser un rosier grimpant, c’est étaler ses longues branches à l’horizontale et les attacher sur un fil tendu, un treillage ou une pergola. Une pergola avec rosier grimpant, un fil le long d’un mur, une arche au fond du jardin, peu importe le support tant qu’il tient le poids d’un pied adulte trempé de pluie. Les branches couchées à plat fleurissent sur toute leur longueur, dressées à la verticale elles ne donnent qu’au sommet. C’est le geste qui change tout, et personne ne le dit assez au rayon. Dans mon jardin partagé, le rosier grimpant que j’ai palissé en éventail la première année fait deux fois plus de fleurs que celui du voisin, laissé droit contre son grillage.
L’arrosage
À la plantation et pendant le premier été, j’arrose copieusement : un grand arrosoir deux fois par semaine, au pied, jamais sur le feuillage en fin de journée, parce que l’eau qui stagne sur les feuilles la nuit invite les maladies. Une fois installé, deux ou trois ans plus tard, un rosier grimpant en pleine terre se débrouille presque seul, sauf grosse canicule où je repasse un seau de temps en temps. En pot, c’est une autre histoire : le substrat sèche vite et réclame de l’eau tous les deux à trois jours l’été. Un rosier grimpant en bac reste possible, mais choisis alors une variété raisonnable côté hauteur, pas un rosier liane qui voudra dévorer l’immeuble.
La floraison
La floraison, c’est le moment qu’on attend. Selon la variété, elle démarre en mai ou juin. Les grimpants dits remontants refleurissent par vagues jusqu’aux premières gelées ; les non-remontants offrent une seule floraison abondante au printemps, spectaculaire mais courte, puis se reposent. Pour une floraison abondante année après année, deux leviers : le palissage à l’horizontale, dont je viens de parler, et la taille au bon moment. Un rosier grimpant qui refuse de fleurir en bas et ne donne qu’en haut, neuf fois sur dix, c’est un défaut de palissage ou une taille mal placée, rarement la faute de la plante.
Pour aller plus loin, geste par geste
Cet article donne la vue d’ensemble. Chaque opération précise a sa page, pour ne pas tout entasser ici :
- Planter au bon moment et de la bonne façon, en pot comme en pleine terre, dans quand et comment planter le rosier.
- Tailler les rosiers grimpants sans les massacrer, buissons et grimpants séparément, dans quand et comment tailler le rosier.
- Multiplier ton pied gratuitement, dans bouturer le rosier, la méthode pas à pas.
- Pucerons, taches noires, oïdium, les reconnaître et réagir, dans maladies et ravageurs du rosier.
Retiens trois choses pour démarrer : un rosier grimpant au soleil, un support solide posé avant de planter, et des branches palissées à l’horizontale. Que tu vises un « Pierre de Ronsard » sage sur un mur ou une liane qui grimpe dans un arbre, la mécanique reste la même. Le soleil et le palissage décident, le reste suit. À toi de jouer.


