Quand et comment tailler l’olivier

Quand et comment tailler l’olivier

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La bonne période pour tailler l’olivier, c’est la fin de l’hiver, une fois les grosses gelées passées et avant que l’arbre ne redémarre. Chez moi, en Touraine, ça tombe entre la mi-mars et la mi-avril. Voilà la réponse directe à la question « taille olivier quand ». Trop tôt, tu ouvres des plaies que le gel va manger. Trop tard, tu coupes des rameaux qui portaient déjà la future récolte. Le reste, la manière, les outils, les techniques et le type de taille selon l’âge de l’arbre, je le déroule en dessous avec mes conseils pratiques.

Petite précision qui compte pour moi. L’olivier, ici, ce n’est pas un arbre de plein champ. Le mien vit en grand pot, dehors d’avril à novembre, rentré sous abri froid l’hiver. Alors mes repères valent pour un olivier en bac ou planté contre un mur bien exposé, pas pour un verger provençal de cent pieds.

Quand tailler l’olivier : la période optimale

L’olivier n’aime pas le sécateur en plein froid. J’attends que les nuits repassent au-dessus de zéro de façon stable, sans coup de gel annoncé dans les dix jours. Cette période de taille, fin d’hiver-début de printemps, c’est celle où la plante va vite cicatriser et repartir. La sève remonte, les plaies se referment en quelques semaines.

Pourquoi pas l’automne, comme on le lit parfois ? Parce que couper avant l’hiver expose le bois frais au froid pendant des mois. J’ai essayé une fois, sur un jeune sujet, en octobre. Résultat au printemps : deux branches noircies à repartir de zéro. Depuis, je ne touche plus rien avant mars.

Un point sur le rythme, parce que la question de « quand tailler l’olivier » ne se résume pas à un mois. Un olivier ne se taille pas tous les ans à fond. Une vraie taille tous les deux ou trois ans suffit largement, avec juste un nettoyage léger entre-temps. Il fructifie sur le bois de l’année précédente : tu rabats tout chaque hiver, tu passes l’été sans olives. Ça, je l’ai vu chez un voisin qui taillait son olivier au carré comme une haie. Bel arbre, jamais un fruit.

Avant de couper : regarder l’arbre

L’olivier, cet arbre méditerranéen, cicatrise vite mais n’aime pas qu’on l’étête au hasard. Avant de sortir l’outil, je tourne autour de l’arbre deux minutes. Je cherche trois choses. Le bois mort et les branches sèches d’abord, celles qui cassent net et n’ont plus d’écorce vivante. Les gourmands ensuite, ces pousses verticales très vigoureuses qui partent du tronc ou du centre et qui ne donneront que du feuillage. Les branches qui se croisent et se frottent enfin.

L’idée derrière la taille de l’olivier tient en une image : on veut un arbre ouvert, aéré, qui laisse passer la lumière et l’air jusqu’au centre. On dit souvent « qu’une hirondelle doit pouvoir traverser l’arbre sans toucher une branche ». C’est imagé, mais ça résume bien l’esprit. Un centre de l’arbre dégagé, c’est moins de maladies et des olives qui mûrissent mieux. À l’inverse, un cœur encombré reste humide, et l’humidité qui stagne, c’est l’ennemi.

Concrètement, chez moi, ouvrir le centre revient à supprimer une ou deux grosses branches qui montent droit au milieu, et à garder une charpente en gobelet, quelques bras principaux bien répartis. Ça, ça favorise une croissance équilibrée plutôt qu’un buisson dense qui s’épuise.

La taille de formation d’un jeune olivier

Sur un olivier de deux ou trois ans, on parle de taille de formation. Là, l’objectif n’est pas la production mais la silhouette de départ. Je choisis un tronc unique, propre sur trente à quarante centimètres de hauteur, et je garde trois ou quatre branches charpentières bien orientées, réparties tout autour. Le reste, je l’enlève.

Mon conseil de terrien sur un jeune sujet : la main légère. On a toujours envie d’en faire trop. Un jeune olivier taillé trop sévèrement passe l’année à refaire du bois au lieu de s’installer. J’y vais doucement, un peu chaque année, et je laisse l’arbre prendre du volume. La forme se construit sur quatre ou cinq saisons, pas en un après-midi.

La taille d’entretien et de production sur un arbre adulte

Passé cinq ou six ans, on entre dans la taille d’entretien, celle qu’on répète pour garder l’arbre en forme et pour la fructification. Le geste de base reste le même chaque fois : dehors le bois mort, dehors les gourmands, on aère le centre.

Pour la production, il y a une astuce que je tiens d’un ancien du Sud rencontré dans un salon. L’olivier fructifie sur les rameaux souples de l’an passé, ceux qui pendouillent un peu, pas sur le vieux bois dur. Donc quand je fais la taille de l’arbre adulte, je préserve ces jeunes rameaux fins et je supprime plutôt le vieux bois épuisé et les branches sèches. Ça revient à renouveler doucement, de quoi favoriser et optimiser la croissance des pousses qui, elles, porteront les fruits.

Une taille plus sévère, dite de rajeunissement, se réserve à un vieil arbre fatigué qu’on rabat pour le relancer. Ce n’est pas une taille annuelle. J’en garde le principe pour un pied vraiment dégarni, jamais pour un arbre en bonne santé.

Mes outils pour tailler les oliviers

Rien d’exotique côté matériel. Un bon sécateur bien affûté pour tout ce qui fait moins d’un pouce de diamètre. Un ébrancheur à deux mains pour les branches plus grosses. Une petite scie d’élagage pour le vieux bois dur. Sur un arbre haut, une perche ou un élagueur sur perche évite l’échelle bancale, surtout quand on prend de l’âge comme moi.

Les sécateurs électriques à batterie, j’ai fini par en acheter un après une tendinite. Sur un seul olivier en pot, franchement, ça ne se justifie pas : le prix ne se rentabilise que si tu tailles beaucoup, une haie, un verger. Mais pour une main fatiguée, l’outil électrique change la vie, je ne vais pas mentir. Question de besoin, pas de mode.

Un réflexe que je ne lâche jamais, quel que soit l’outil : je désinfecte les lames entre deux arbres, un coup de chiffon à l’alcool. Une lame sale transporte les cochonneries d’un pied à l’autre. Ça ne coûte rien et ça évite bien des ennuis.

Justement, sur les maladies et les traitements, je reste à ma place. Si tu vois des taches brunes en rond sur le feuillage, l’œil de paon, ou de la cochenille collante, je ne te donnerai pas de dose ni de produit comme une règle. Ce que j’ai fait chez moi, c’est ramasser et brûler les feuilles atteintes, aérer l’arbre par la taille, et aller lire les fiches de jardiner-autrement.fr et de la SNHF. Pour tout produit, la base officielle, c’est Ephy de l’ANSES. C’est là qu’on vérifie ce qui est autorisé, pas sur une vidéo virale.

En résumé

Sur l’olivier, mes conseils tiennent en peu de chose. Le calendrier tient en une ligne : je taille l’olivier en fin d’hiver, mi-mars à mi-avril chez moi, jamais en période de gel. J’ouvre le centre, j’enlève le mort, les gourmands et les branches sèches, et je garde les jeunes rameaux qui feront les olives. Sur un jeune arbre, la main légère et de la patience. Le reste de l’année, je laisse pousser et je surveille. Un olivier bien aéré vieillit bien, le mien a douze ans et il n’a jamais été aussi beau.

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