Maladies et ravageurs de la tomate : identifier et agir

Maladies et ravageurs de la tomate : identifier et agir

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Des taches brunes qui gagnent les feuilles en trois jours, puis les tiges, puis des fruits qui pourrissent sur pied : c’est le mildiou de la tomate, presque à coup sûr. C’est la maladie qui m’a coûté le plus de récoltes, et de loin. Un été humide, et un rang de tomates peut partir en une semaine. Je vais vous dire ce que je vois sur mes plants, ce que j’ai fait, et où j’ai lu quoi. Pas de recette miracle. Et pas de dose donnée comme une règle, ce n’est pas mon métier.

Le mildiou, d’abord : ce que je vois sur mes tomates

Le mildiou de la tomate, cette maladie, c’est une maladie cryptogamique causée par un champignon, le Phytophthora infestans. Le nom fait peur, le champignon fait pire.

Ça commence sur les feuilles. Des taches brunes, un peu huileuses sur le bord, souvent bordées d’un halo plus clair. En dessous, par temps humide, un feutrage blanchâtre. En deux ou trois jours, les taches s’étalent, la feuille sèche, noircit. Puis ça descend sur les tiges, qui brunissent par plaques, et c’est le dépérissement des plants de tomates qui s’enclenche. Et le pire, sur les fruits : des marbrures brunes et bosselées, une chair qui durcit et pourrit. Même les fruits, à un stade précoce, y passent. Chez moi, l’année où j’ai vu ça, j’ai ramassé mes tomates encore fermes en catastrophe, la moitié était déjà perdue.

Le signe qui ne trompe pas, c’est la vitesse. Une carence, ça traîne des semaines. Le mildiou, cette maladie, avance à vue d’œil. Vous regardez le matin, c’est propre. Le soir, une tache. Trois jours plus tard, le pied est touché de haut en bas.

Pourquoi le mildiou débarque

Le champignon a besoin d’eau pour germer. De l’eau sur les feuilles, une humidité qui stagne, des nuits douces et mouillées : voilà ses conditions. L’humidité, c’est le vrai carburant. Chez moi, les pieds de tomates les plus touchés, c’étaient toujours les plus serrés, ceux où l’air ne circulait pas et où le feuillage restait mouillé la nuit.

Autre chose que j’ai mis du temps à comprendre : les tomates et les pommes de terre partagent le même ennemi. Le Phytophthora saute d’une culture à l’autre. Un pied de pomme de terre contaminé à côté, et mes tomates prenaient derrière. Depuis, j’évite la proximité des pommes de terre : je ne plante plus mes tomates à proximité des pommes de terre, et je ne mets jamais deux années de suite des tomates au même endroit. Je pratique la rotation des cultures, comme au vieux temps, pour ne pas laisser le champignon s’installer dans le sol.

Ce que je fais avant tout traitement, c’est du préventif de bon sens. J’écarte les rangs, 70 à 80 cm. J’arrose au pied, jamais sur le feuillage, tôt le matin pour que la terre sèche dans la journée. Je taille les feuilles basses qui touchent le sol. Un plant aéré, ça limite déjà beaucoup la propagation de la maladie.

Ce que j’ai fait : bouillie bordelaise, prêle, ortie

Je ne suis pas technicien phyto, autant le dire. Je vous raconte mes gestes et mes lectures.

La bouillie bordelaise, d’abord. C’est du cuivre, un vieux produit contre les maladies cryptogamiques. En préventif, avant que le mildiou soit là, chez moi ça a donné les meilleurs résultats. Une fois la plante bien atteinte, le cuivre ne rattrape rien : il protège le sain, il ne soigne pas le malade. Le cuivre reste un métal qui s’accumule dans la terre, alors je n’en abuse pas. Le site jardiner-autrement.fr, porté dans le cadre du plan Écophyto, et la SNHF décrivent son usage et ses limites. Je ne vous donne pas un dosage comme une règle : regardez la fiche et adaptez à vos plants.

La décoction de prêle, ensuite. La prêle est riche en silice, réputée renforcer les tissus des plantes face aux champignons. J’en pulvérise en préventif, en alternance. Est-ce que ça marche à tous les coups ? Non. Mais dans mes traitements naturels contre le mildiou, ça a sa place, sans risque pour le reste du potager.

Le purin d’ortie, je le vois surtout comme un fortifiant. Il nourrit et donne des plants plus vigoureux, mieux armés. Un pied qui pousse dru encaisse mieux qu’un pied chétif. Là non plus, pas de miracle contre le champignon une fois qu’il est installé.

Un point que je répète : ces traitements naturels valent en préventif, étalés dans le temps, pas en pompier une fois le désastre en place. Pour tout produit homologué au-delà de ça, la base Ephy de l’ANSES liste ce qui est autorisé sur tomate et dans quelles conditions. C’est là que je vais regarder, pas dans un commentaire sous une vidéo.

Les autres maladies de la tomate

Le mildiou n’est pas seul. L’alternariose donne des taches brunes en cercles concentriques, comme une cible, sur les vieilles feuilles d’abord. L’oïdium, lui, pose un feutrage blanc poudreux et des taches jaunes puis brunes. Ces deux-là aiment aussi l’humidité et un feuillage mal aéré.

Il y a enfin ce que les gens prennent pour une maladie et qui n’en est pas une : le cul noir. Une tache brune, plate, sèche au bout du fruit. Ça, c’est un manque de calcium et surtout un arrosage irrégulier, pas un champignon. Chez moi, ça arrivait les étés où j’oubliais un arrosage puis noyais tout d’un coup. Un paillage épais et un arrosage régulier, et c’est réglé sans rien pulvériser.

Les ravageurs qui viennent avec

Côté bêtes, les pucerons se collent sous les jeunes feuilles et sur les têtes. Les aleurodes, ces mouches blanches, s’envolent en nuage quand on secoue un pied. Les deux affaiblissent la plante et salissent le feuillage.

Contre eux, le savon noir liquide m’a bien servi. Chez moi, ça donnait un litre d’eau et une cuillère à soupe de savon noir, pulvérisé le soir sous les feuilles, là où ils se planquent. Je le note pour dire ce que j’ai fait, pas comme une dose à recopier : jardiner-autrement.fr décrit cette pulvérisation, allez voir la fiche. Le savon asphyxie les insectes sans cramer le potager, à condition de traiter le soir et jamais en plein cagnard. La noctuelle, elle, une chenille qui perce les fruits, je la ramasse à la main le soir, c’est le plus sûr.

Variétés et rotation : ce qui m’a le plus servi

Le geste qui a le mieux marché chez moi n’est pas un traitement, c’est le choix des plants. Il existe des variétés de tomates tolérantes ou résistantes au mildiou. Des variétés tolérantes ou résistantes, ça ne veut pas dire immunisées, mais elles tiennent bien plus longtemps quand la pression monte. La Maestria, par exemple, m’a sauvé une année pourrie où mes vieilles variétés ont plié. Je garde toujours quelques pieds de ces tomates plus solides à côté de mes anciennes.

Avec ça, la rotation. Je ne remets pas de tomates deux ans au même carré, j’évite la proximité des pommes de terre, et je ramasse les feuilles malades pour les sortir du potager plutôt que de les laisser contaminer le sol. Ces gestes simples, de quoi limiter la propagation du champignon, valent mieux que n’importe quel produit passé trop tard.

Pour finir

Le mildiou de la tomate, ce n’est pas une fatalité, mais ça se joue avant l’attaque. De l’air entre les pieds, de l’eau au sol et pas sur les feuilles, des variétés qui tiennent, un peu de cuivre ou de prêle en préventif. Le jour où j’ai arrêté d’arroser mes tomates sur la tête, j’ai gagné plus de récoltes qu’avec tous les traitements du monde. Le reste, l’œil et la patience, suit tout seul.

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